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Discorde, partie 2 : Les performeurs

Le 16 février de 19h à 22h une dizaine de performeurs se sont produit au 100ecs  pour une soirée performance autour de l'exposition Discorde avec 7 performances autour de la notion de conflit.

Parfois sensible et poétique, d'autres fois violent, physique ou ironique chacun a montré une facette des conflits qui parsèment notre monde.

Avec la participation de : Baptiste Da Silva, Sura Haarp, Annie-Claire Alvoët , Kyoo Seok Choi, Eun Young Lee, Farid Ayelem Rahmouni & Arthur Zerktouni, Laurent Odelain.

 

Photos des performances

Sura Haarp, performance Peace offering

Sura Haarp, Peace offering - Ventes de balles de kalachnikov en chocolat. – à Le 100 ECS Crédit photo : Tonino Rizzo boyce - https://toninorb.wordpress.com/

Sura Haarp

Peace offering - Ventes de balles de kalachnikov en chocolat

« Peace Offering » est une pièce performative satyrique qui renvoie à la guerre, à la vente d’arme légale (La France étant le deuxième plus grand vendeur d’armes), armes retrouvées dans de nombreux conflits et aux mains de terroristes. C’est durant la fameuse « trêve de Noël », période à la fois de réjouissances familiales, et de consumérisme exacerbé, que l’artiste organise la vente de balles de Kalachnikov en chocolat. La vente est à but lucratif, « comme tout trafic d’armes qui se respecte » nous indique-t-il. Les balles sont par ailleurs vendues à l’unité, bien qu’il s’agisse de munitions de fusils de rafale. A-t-on besoin de plus d’une balle pour donner la mort à un homme ? Le matériau alimentaire propose de manière grinçante de consommer ces outils de la mort. Non dénuée de dérision, l’artiste accompagne chaque balle vendue d’un poème de Mikhaïl Kalachnikov.

Baptiste Da Silva, performance Patin couffin

Baptiste Da Silva, performance Patin couffin pour l'exposition Discorde – à Le 100 ECS. Crédit photo : Tonino Rizzo boyce - https://toninorb.wordpress.com/

Baptiste Da Silva

Patin couffin

Dans cette performance, Baptiste Da Silva illustre métaphoriquement la gestion des conflits, petits ou grands. Un fil rouge comportant plusieurs nœuds passent entre ses mains qui lentement, dénouent ces nœuds. Une chandelle se consume près de l’artiste, marquant une unité de temps durant laquelle procède la performance. Ainsi cette chandelle rappelle-t-elle philosophiquement l’inscription des solutions aux conflits dans la durée, et le manque d’immédiateté par lesquelles les situations difficiles se dénouent. Mais la lumière d’une bougie est un symbole très puissant qui évoque par ailleurs l’espoir, la prière, le recueillement souvent convoqués en temps de conflit.

Annie-Claire Alvoët, S'il vous plaît dessine-moi un Loup

Annie-Claire Alvoët, performance S'il vous plaît dessine-moi un Loup pour l'exposition Discorde – à Le 100 ECS. Crédit photo : Tonino Rizzo boyce - https://toninorb.wordpress.com/

Annie-Claire Alvoët

S'il vous plaît dessine-moi un Loup

Telle une partie d’échec, le premier duelliste commence un tracé, le second lui répond de la manière la plus pertinente et le plus rapidement possible. On assiste alors à un véritable ping-pong dessiné où l’on se rend coup pour coup, bleu pour rouge, mat pour brillant, peinture pour collage, écriture pour décalcomanie, tout est permis ! Dans cet affrontement on comprendra ce que peut être un argument, un développement, une parade dans l’univers pictural. Les associations d’idées, les estocades purement formelles seront des coups de maître. Prêts à relever le défi ?

Eun Young Lee, performance Kim Chi Neutral (recette contre la peur)

Eun Young Lee, performance Kim Chi Neutral (recette contre la peur) Crédit photo : Tonino Rizzo boyce - https://toninorb.wordpress.com/

Eun Young Lee

Kim Chi Neutral, (recette contre la peur)

L’artiste sud-coréenne propose dans cette performance la recette d’un Kim Chi, un plat traditionnel de la du Corée Nord et Sud. Mais dans les ingrédients choisis entre « 150 à 200g des articles journalistiques en papier cru », « les articles barbares qui vous font trembler ou qui vous font jubiler » ou encore « 1 photo de boom nucléaire ». Car il s’agit en réalité d’une « recette culinaire contre la peur », pour laquelle seront déchirées, frappées et cuites des images médiatiques. L’origine de l’artiste prend ici une importance cruciale car elle renvoie à l’utilisation des images à des fins de propagande et de conflit tacite entre les deux pays frontaliers. Ces images incitant à la peur, ou les articles renvoyant plus largement aux conflits mondiaux sont alors cuisinés, du cru vers le cuit, comme une première étape de digestion de ces violences, au cours d’une performance aux gestes exutoires.

La recette : 
1. La scène est préparée par un réfrigérateur, une table solide, des outils culinaires
2. La lumière projette vers le réfrigérateur et la table
3. Le commencement des gestes comme l’acte de cuisine;
- ouvrir le réfrigérateur
- où l’installation dans le frigo (des chairs de viande et des sculptures ; les ingrédients)
- prendre les ingrédients dans le frigo pour la performance
- réalisation des gestes codifiés, répétés jusqu’au l’épuisement des ingrédients (viande et journaaux à papiers) en devenant des pâtes
4. mélanger les pâtes et les sculptures
5. se habiller en pâte
6. se mettre au frigo

Afour Rhizome, performance Un artiste de la faim

Afour Rhizome, Un artiste de la faim, une performance pour l'exposition Discorde au 100 ECS. Crédit photo : Tonino Rizzo boyce - https://toninorb.wordpress.com/

Afour Rhizome

Un artiste de la faim

La réflexion des artistes sur le statut, la définition, l'acceptation ou l’objectif de leur métier d’artiste est une thématique qui a de tout temps touché les créateurs de toutes les catégories, des arts plastiques, de la littérature, du cinéma, du théâtre, etc. « Un artiste de la faim » est une nouvelle de Franz Kafka de 1922 dans laquelle le geste artistique d’un homme est une capacité à survivre sans s’alimenter durant une période très longue. Pour prouver la bonne foi de cette performance avant l’heure, l’artiste de la faim est enfermé dans une cage et exposé tel un animal de zoo aux spectateurs, tandis que la situation devient insidieusement absurde… Pour cette performance, Afour Rhizome a créé une cage à l’image de celle imaginée par Kafka, dans laquelle l’artiste s’enferme le temps de lire la nouvelle de l’auteur tchèque. Il s’agit de rejouer un enfermement psychologique, propice à l’introspection, et nécessaire à la réflexion sur la notion d’ « artiste ».

Axel Roy et ses assistants pour la performance Advancing Duets

Axel Roy et ses assistants pour la performance Advancing Duets dans l'exposition Discorde au 100ecs le 16 février 2017 Crédit photo : Tonino Rizzo boyce - https://toninorb.wordpress.com/

Axel Roy,
en collaboration avec Roland Charbonnier, Emmanuelle Charpin et Bruno De Oliveira

 Advancing Duets

Le titre de la performance fait expressément référence au travail de Trisha Brown leaning duets, réalisé en 1970, dans laquelle deux performeurs s’entravent l’un l’autre, car ils sont liés, et ne peuvent alors avancer que l’un avec l’autre. Le geste simple qui est réalisé dans cette performance repense l’action d’avancer, action normalement effectuée de façon individuelle, nécessitant cette fois un équilibre et une synchronisation des forces des deux corps. Dans la performance d’Axel Roy, deux performeurs déplacent des tables tandis que deux autres se déplacent un au dessus, et un au dessous de chaque table. En plaçant la table au centre de ses déplacements, l’artiste questionne l’objet « socle », présent à la fois dans les espaces muséaux pour présenter des objets et dans les espaces scéniques afin d’y montrer une production théâtrale ou dansée.

Arthur Zerktouni et Farid Ayelem Rahmouni, performance IN VITRO

Arthur Zerktouni et Farid Ayelem Rahmouni, performance IN VITRO au 100 ECS le 16 février 2017. Crédit photo : Tonino Rizzo boyce - https://toninorb.wordpress.com/

Arthur Zerktouni et Farid Ayelem Rahmouni

IN VITRO

Séparés par une vitre, deux performeurs tentent de s’embrasser. Les bruits de leurs lèvres, de leur souffle et gémissements sont soumis à un traitement informatique et amplifiés à un volume très élevé, presque insoutenable. La notion de couple, synonyme d’intimité, et le titre « In vitro » évoque  le confinement d’un incubateur. Cette intimité est cependant contrebalancée par la présentation de cette scène en public et l’expansion dans l’espace de leurs bruits de bouche. La performance rejoue les tensions que comporte le couple, tiraillé entre l’intimité et le public. Il s’agit bien de l’opposition entre la fusion des êtres et l’impossibilité de la rencontre dans le conflit, de l’individuel au duel…  sans être tout à fait dénué d’humour.

Exposition Discorde du 3 février au 3 mars
Soirée performance jeudi 16 février (19h -22h)

Le 100ecs (Établissement Culturel Solidaire)
100, rue de Charenton -75012 Paris

 


Discorde, partie 1 : Les exposants

Inauguré vendredi 3 février l’exposition “Discorde” présente 9 artistes venus de toute la France dans une exposition collective qui explore la diversité des conflits petits ou grands qui parcourent nos vies.

Dans un climat politique tendu, où la frustration d’impuissance et la fureur se colle à vous.
Au delà des conflits sociaux, il y a tous ces tracas personnels qui nous rongent. Ceux liés à notre physique et ceux qui touchent notre âme. On doute, on se déteste, on se contredit en basculant d’incertitude en certitude jusqu’à perdre pied. Ici, vous embarquez dans un voyage composé de subtilités passant de la violence festive à la surveillance en “haute visibilité”.

Exposition avec : Cyrielle Tassin, Guillaume Lo Monaco, Mégan Laurent, Laurent Odelain & Emma Perrochon, Danielle Gutman Hopenblum, Maxime Lemoyne, Vincent Prieur, Stefano Perobelli

Photos du vernissage

Cyrielle Tassin, Cocktail Molotov, exposition DISCORDE au 100 ecs,

Cyrielle Tassin, Cocktail Molotov, exposition DISCORDE au 100 ecs Crédit photo : Priscilla Trabac

Cyrielle Tassin

Cocktail Molotov, 2017

Le cocktail Molotov est le nom donné à une arme incendiaire composée d’une bouteille en verre remplie d’alcool inflammable, dans le goulot de laquelle est placé un tissu qui sera enflammé. Mais le Cocktail Molotov de Cyrielle Tassin n’est pas exactement du même acabit. Il s’agit d’un kit, avec bouteille de champagne neuve, non ouverte, mais sans étiquette et noire comme une bombe, avec un mouchoir en soie, et un bidon d’essence rouge. Ce déplacement dans les matériaux met en tension deux mondes que tout semble opposer : l’insurrection urbaine armée et les célébrations festives et arrosées. De manière très simple et ironique, son « Cocktail Molotov » s’inspire du « cocktail » du bar. Le mouchoir blanc, de la même manière, devient ambivalent, entre le mouchoir blanc de la capitulation, la mèche enflammée de la bombe, ou le tissu délicat d’une jeune fille. En faisant se rejoindre et se confondre ces symboles contraires, Cyrielle Tassin construit ce qu’elle a nommé par un oxymore, ses « Catastrophes douces ». Elle nous pose ainsi la question de savoir comment une catastrophe, une insurrection populaire, une révolte peut être adoucie, ou si finalement, tenter de les rendre plus douces, plus légères, ne serait pas fatalement ironique.

Danielle Gutman Hopenblum Où l’on relate les aventures héroïques d’un groupe de peintres contemporain

Danielle Gutman Hopenblum Où l’on relate les aventures héroïques d’un groupe de peintres contemporain, vernissage de l'exposition DISCORDE au 100ecs Crédit photo : Priscilla Trabac

Danielle Gutman Hopenblum

Où l’on relate les aventures héroïques d’un groupe
de peintres contemporain, depuis 2014

Quelle est la première image que vous évoque une « scène d’action » ? Probablement une scène de combat d’un James Bond telles que celles utilisées par Danielle Gutman Hopenblum dans sa série de peintures. On y trouve des hommes en costume dans des scènes de lutte, de course poursuite, de menace à l’arme. Mais leurs visages ne sont pas peints et se résument à de la couleur rougeoyante, ils pourraient être n’importe qui. Aussi la violence inhérente au sujet se dilue dans ces images un peu « pop ».
Cependant des post-it porteurs d’une phrase sont collés à même l’image, déclarant par exemple : « la place de la peinture dans l’art contemporain était une source constante de conflit entre eux ». Ces messages portent à chaque fois sur les tiraillements d’un artiste « en action » devant son travail, ou des questionnements plus larges portant sur l’art. Ces images, pensées comme des images génériques de conflit, peuvent alors renvoyer à des conflits artistiques, des conflits intellectuels ou encore des conflits personnels. Des conflits dont on ne garderait comme point commun que l’énergie et le choc, et pour lesquels la violence ne constituerait pas une réponse.

Laurent Odelain Roc, exposition DISCORDE au 100ecs

Laurent Odelain Roc, exposition DISCORDE au 100ecs Crédit photo : Priscilla Trabac

Laurent Odelain 

Roc, 2015

Roc est une confrontation. Un outil rencontre un matériau auquel il n’est pas destiné et au contact duquel il devient vulnérable. L’outil, une vieille hache à manche court, est utilisé pour tenter de tailler - fendre, marquer, sculpter, détruire - l’objet-matière, un roc calcaire blanc émergeant du sol dans une parcelle forestière fraîchement et entièrement déboisée. Le corps actif s’acharne et s’épuise, déterminé dans son péril entre deux formes qui s’entrechoquent. Cette action longue, répétitive et insensée, modifie néanmoins par son passage l’aspect du roc qui demeurera inerte, à peine affecté.

Laurent Odelain et Emma Perrochon, Riedgartu, vernissage DISCORDE

Laurent Odelain et Emma Perrochon, Riedgartu, vernissage DISCORDE Crédit photo : Priscilla Trabac

Laurent Odelain & Emma Perrochon

 Riedgartu, 2015 - 2016

Dans la montagne suisse, au lieu-dit Riedgartu, un feu gagne une structure en direction… d’un bloc de neige. La scène, quelque peu incongrue, laisse vite place à l’imaginaire. Dans ce dispositif, la chaleur du feu menace le bloc de neige au‑dessus de lui, pourtant si celui-ci venait à fondre complètement, il éteindrait de ce fait le feu sous lui. Cette confrontation entre les deux éléments ne paraît pas pouvoir trouver de vainqueur, les forces s’annulent l’une et l’autre dans le conflit. La vanité de cette scène lui confère son aspect profondément poétique, qui n’est pas sans rappeler le titre d’un ouvrage de Régis Debray, « La neige brûle ».

Guillaume Lo Monaco, Souvenirs

Guillaume Lo Monaco, Souvenirs

Guillaume Lo Monaco

Souvenirs et Permissions, 2016

Ce que révèle Guillaume Lo Monaco, ce sont des angoisses sourdes dans des situations pourtant anodines, ou dans des objets qu’on ne questionne plus. Souvenirs est une œuvre détournant les médailles de guerres, remplaçant les étoiles métalliques par des photographies de scènes de guerre. La récompense honorifique est par ce traitement rendue dérisoire, peut-elle racheter les horreurs et les traumatismes subis. De quoi est-elle réellement le souvenir ?
Plus frappant encore, Permissions est une œuvre suggérant le repos après un combat (une permission). Les chaises longues de vacances sont soudainement traversées de bandes colorées qui sont celles de médailles de guerre. Pourtant l’œuvre veut évoquer a contrario la menace d’un repos éternel, d’une mort physique ou d’une mort de la société qui n’avancerait plus. Une tension conflictuelle semble traverser chaque objet que nous présente soudain l’artiste.

Megan Laurent, Un dimanche midi

Megan Laurent, Un dimanche midi. Crédit photo : Priscilla Trabac

Megan Laurent

Un dimanche Midi, 2013

Dans les photographies de Megan Laurent, le corps se dessine entre apparition et disparition, comme s’il était trop évanescent pour être fixé. Fragile, il se dédouble, se répond, et s’exprime sur les textes qui accompagnent chaque portrait. Ces pensées humanisent ces corps par les mots : ce n’est plus une ombre seule qui nous est présentée, mais un être qui pense, doute, se souvient. Ces pensées vont et viennent, évoluent, se meuvent et s’inscrivent sur des papiers calques froissés, eux-mêmes fragiles. La fragilité est ici le symptôme du conflit. Car si nous sommes apparemment un dimanche midi, près d’une fenêtre, dans un lieu blanc et calme, à un moment suspendu, les silhouettes construisent des situations de plus de gravité. Un pistolet pointé sur le cœur ou la tempe, une main supportant une tête dans un moment de doute, une pause autour d’une cigarette…
Les autoportraits de l’artiste nous font ressentir le silence de ces situations, et l’agitation psychologique qui se trame cependant.

Vincent Prieur Conflits Haute Visibilité, vernissage de l'exposition DISCORDE au 100ecs

Vincent Prieur, Conflits Haute Visibilité, vernissage de l'exposition DISCORDE au 100ecs Crédit photo : Priscilla Trabac

Vincent Prieur

Conflits Haute Visibilité, 2016

Les soldats portent des tenues de camouflage, l’armée garde secrètes ses opérations, le développement de nouvelles technologies de combat se fait dans la confidentialité la plus totale : Que voyons-nous réellement des conflits mondiaux ? Le renversement que produit l’œuvre de Vincent Prieur amène également à imaginer un futur dans lequel les combats et leurs combattants ne seraient plus dissimulés, mais affirmés, signalisés dans l’espace. Que se passerait-il alors lors de ces conflits ouverts ?
Ces habits des agents de l’armée sont des signes de sécurité et de vigilance. Pourtant, l’industrie de la mode a également récupéré ce motif camouflage, qui est devenu un vêtement tendance pour certains, identitaire pour d’autres. Ainsi l’artiste questionne ce que représentent véritablement ces habits militaires aujourd’hui. Peur, danger imminent, sécurité, mode ou identité, les réponses semblent nombreuses.

Maxime Lemoyne, Série Perception et Idéal, 2014-2015

Maxime Lemoyne, Série Perception et Idéal, 2014-2015 Crédit photo : Priscilla Trabac

Maxime Lemoyne

Série Perception et Idéal, 2014-2015

Perception et Idéal sont deux séries qui se répondent, étant question du regard que l’on pose sur soi, et du regard que l’on porte sur l’autre, engendrant la construction d’un idéal corporel. Les dessins de fragments de corps semblent suivre un regard analytique, ici les fesses, ici la poitrine, ici le ventre, scrutés les uns après les autres. Un conflit s’opère entre l’apparence du corps et l’agitation psychologique des êtres. Les corps, de petits dessins au milieu de l’espace blanc du papier, se révèlent dans leur nudité et suggèrent la difficulté de s’assumer. Les jets d’aérosols colorés semblent parfois venir en aide à ces corps nus en les protégeant du regard, en les habillant. Avec un titre évoquant un “idéal” générique, Maxime Lemoyne arrive ainsi à nous renvoyer à une question fondamentale : dans quelle mesure notre société permet-elle à l’idéal et au beau, subjectifs et personnels, de s’exprimer ?

Stefano Perobelli - People like semtex

Stefano Perobelli - People like semtex

Stefano Perobelli

People like semtex, Love, 2014

Dans une série de travaux appelée People like Semtex, Stefano Perobelli envisage les rapports de l’individu et du groupe, de l’individuel et du collectif. Pour ce faire il a conçu des pièces de puzzle portant chacune la photographie d’une personne, devenant le symbole d’un corps unique, et qui entre en dialogue avec une autre lorsque ces deux pièces s’emboîtent. Dans la série Love, les protagonistes de son puzzle sont sujets à la découverte du sentiment de l’amour. Stefano Perobelli cherche alors à montrer comment ce sentiment peut modifier la dynamique d’un groupe ou d’une personne. Unis, ou rapprochés, les deux corps-pièce de puzzle conservent leur unicité, tout en créant une forme nouvelle, à deux. Mais ceci n’est pas sans rappeler les tensions possibles entre individualité et fusion dans une même entité.

INFORMATIONS PRATIQUES :

Discorde du 3 au 16 février

Le 100ecs (Établissement Culturel Solidaire)
100, rue de Charenton
75012 Paris

HORAIRES

Lundi – vendredi : 9h / 21h
Samedi : 10h / 18h


Exposition DISCORDE : du 3 février au 2 mars au 100ecs

En février Papotart vous invite
pour sa première exposition « Discorde »
en partenariat avec le 100ecs


L’exposition
Discorde explore la diversité des conflits petits ou grands qui parcourent nos vies. Dans un climat politique tendu, où la frustration d’impuissance et la fureur se colle à vous.
Au delà des conflits sociaux, il y a tous ces tracas personnels qui nous rongent. Ceux liés à notre physique et ceux qui touchent notre âme. On doute, on se déteste, on se contredit en basculant d’incertitude en certitude jusqu’à perdre pied.

Ainsi, toutes ses œuvres et performances donnent à voir ce dilemme  entre un affrontement total
et un dénouement heureux.
Ici, vous embarquez dans un voyage composé de subtilités passant de la violence festive à la surveillance en “haute visibilité”.

 

Exposition avec :
Danielle Gutman Hopenblum, Megan Laurent, Maxime Lemoyne, Guillaume Lo Monaco, Laurent Odelain et Emma Perrochon, Stefano Perobelli, Vincent Prieur, Cyrielle Tassin

L’exposition est prolongée jusqu’au 2 mars

Soirée performance jeudi 16 février de 19h à 22h avec :
Annie-Claire Alvoët, Baptiste Da Silva, Sura Haarp, Afour Rhizome, Axel Roy, Eun Young Lee, Arthur Zerktouni et Farid Ayelem Rahmouni


INFORMATIONS PRATIQUES

L’exposition est prolongée jusqu’au 2 mars

Le 100ecs (Établissement Culturel Solidaire)
100, rue de Charenton
75012 Paris

 

HORAIRES
Lundi – vendredi : 9h / 21hSamedi : 10h / 18h
Dimanche : se renseigner à l’accueil Jours fériés et Noël (24/12 – 01/01) : fermé
ACCÈS
Métro : Gare de Lyon ou Ledru-Rollin
RER : Gare de Lyon – Bus : 57 et 29
Vélib : Hector Malot n°12008 -Charenton n°12101

Appel à candidature expo et soirée performance

L’association Papotart lance un appel à candidature pour une exposition et une soirée performance
qui se déroulera dans les locaux du 100ecs sur la thématique du conflit.
L’exposition aura lieu du 3 au 16 février et la soirée performance se déroulera le jeudi 16 février dès 19h00.
Vous pouvez candidater jusqu’au 10 décembre à contact@papotart.com

 

le 100ecs

 

Quelques notions sur ce thème :

Partout où je regarde les conflits sont là, petit ou grand ils remplissent nos vies.

Mots clés : la confrontation, le duel, la joute, l’assaut, la lutte, le désaccord, la rivalité, la domination, la colère, l’autorité, la soumission, la haine, la contradiction, le doute, la fuite, l’apaisement, le dialogue, la communication, l’évitement.

Le conflit peut se créer de toute pièce, en se choisissant un ennemi et en s’armant contre lui. C’est le conflit facile par excellence. Mais bien souvent il se faufile partout, en nous même et dans nos relations aux autres. Ce qui est intéressant, c’est son ambivalence entre nécessité et aspect désagréable.

 

Les psychologues Dominique Picard et Edmond Marc considèrent que les conflits ne sont pas des erreurs de la communication, mais qu'il est aussi normal et banal de se disputer que de bien s'entendre : « les problèmes relationnels sont inhérents à la nature et à la dynamique d'une relation parce que vivre ensemble et communiquer, c'est compliqué et difficile »
Dominique Picard, Edmond Marc, Petit traité des conflits ordinaires, Le Seuil, p. 8.

 

Pour Mary Parker Follett
Le conflit n’est ni bon ni mauvais, c’est la manifestation d’une différence, l’expression naturelle de la diversité indispensable à la vie. Il faut simplement chercher à en tirer le meilleur parti.

Mais quand il n’y a plus de conflit ? Que se passe t-il ? La paix, le retour du soleil, le conflit apaisé pour mieux reprendre plus tard. À moins que ce soit l’oppression totalitaire qui s’installe vous interdisant toute forme de pensée pouvant conduire à la discorde ?

 

Quand, dans un État, vous ne percevez le bruit d'aucun conflit, vous pouvez être sûr que la liberté n'y est plus. D' Edouard Herriot

 


Seriez-vous capable de nous imposer vos conflits, en entrant dans l’arène ?
Qu’ils soient personnel, politique, sociaux, la notion du conflit est à prendre au sens large.
Cette thématique s’inscrit dans le cadre de :

  • une soirée performance se déroulant de 18h à 22h au 100ecs (100 rue de Charentons Paris 12) le 26 Janvier
  • sous la forme d’une exposition se déroulant pendant 2 semaines au 100ecs du 13 janvier au 26 janvier.

 

Tout médium accepté.
Les performeurs peuvent prendre à parti le public, les organisateurs ou encore les autres artistes.
Durant la soirée plusieurs performances auront lieu au milieu du public, il est dès lors important de réfléchir à un passage de relais entre les différents performeurs.

Pour candidater :

  • Un portfolio
  • Une note d’intention pour la performance
  • N’hésitez pas à joindre des fichiers en plus pour nous expliquer ce que vous comptez présenter (visuels, textes, vidéo, son…)

À envoyer à contact@papotart.com avant le 10 décembre.


Nos projets

Papot’pitch

Une soirée-événement conviviale au cours de laquelle cinq artistes viennent présenter leurs démarches.
Les artistes ont carte blanche, seul critère : le temps ! Ils ont 5 minutes chacun pour présenter leurs travaux !
Cette soirée offre un contact privilégié entre les artistes et les spectateurs.

Parcours galerie : Au fond de la cour

À la croisée des chemins entre le jeu de piste et le parcours artistique, cet événement  propose à chacun de partir à la découverte des galeries de manière ludique et dynamique.

Le blog 

Des bons plans, des sélections d’expositions, des interviews de la scène émergente et son bouillonnement... Le blog raconte les pérégrinations de Papotart dans l’art d’aujourd’hui.

L’apéro Papotart
Une rencontre informelle entre curieux et férus d’art contemporain, pour parler des dernières expositions. Un bon moment durant lequel Papotart en profite pour faire partager ses bons plans et ses coups de cœur.

Vous souhaitez plus d'informations sur ces événements, n'hésitez pas à nous contactez.
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Papotart a été créé par Antoine DEBACQUE et Priscilla TRABAC,
deux passionnés ayant suivi un cursus diplômant au sein d’une école d’art.

« Après nos études, nous avons constaté les difficultés à dialoguer entre les jeunes artistes et leurs publics. 
Nous nous sommes alors engagés dans une réflexion :
comment mieux diffuser l’information sur l’art contemporain et accompagnez les artistes ?
Papotart est né de cette reflexion, partager notre passion pour l’art, en permettant au plus grand nombre de découvrir la création contemporaine. Nous souhaitons par nos actions, engager le dialogue et tisser des liens forts
entre spectateurs, passionnés, artistes et professionnels. »

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L’équipe

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Papotart, c’est d’abord la rencontre de deux passionnés d’art contemporain,
Priscilla Trabac et Antoine Debacque respectivement diplômés des Beaux‑arts de Metz en 2010 et 2011.
Installés aujourd’hui à Paris, leur passion a évolué de la création à celle de l’entrepreneuriat.

Dans leurs quotidiens, l’art est une passion incontournable qu’ils cultivent sans cesse,
entre visites d’expositions, théâtres, galeries, cinéma…
Depuis la petite équipe a été soutenu et entouré par de nouvelles personnes
avec l’envie commune de créer un lieu d’échange culturel pour tous.

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Priscilla Trabac Coprésidente et cofondatrice de Papotart

Antoine Debacque
Président de l'association
& cofondateur de Papotart

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Sophie Kieffer
Secrétaire de l'association

Ivana Mardesic
Trésorière de l'association

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Marine Pellarin

Anne Pechmeja

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Quentin Crumbach

Ils nous ont aidés et nous soutiennent

Thierry Bellia, Victoria Beguin, Margaux Caillaud, Clara Chevrier, Moustapha Cissé, Alice Cousin, Capucine Daguet, Anne Debacque, Simon Debacque, Fabien Demontant, Yoann Doupagne, Pauline Dubois, Clémence Gazier, Marie Gouyon, Claire Huerre, Lucie Linder, Alexandra Lisi, Llyam, Severine Lesellier, Lucie Marion, Lucas Marques, Julien Matoska, Nathalie Merlin, Samuel Panol, Frédéric Poesson, Chloé Renault, Virginie Roques, Ugo Schimizzi, Bastien Simon, Laurent Steiner, Quentin Trabac, Anne‑Sophie Trindade, Jonathan Wos, Sophie Zwingelstein...

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Labelisé Cap’ten 2016.
Papotart a suivi pendant une année un accompagnement par le Carrefour des Associations Parisiennes de la mairie de Paris.

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Papotart est membre partenaire de La FRAAP (Fédération des réseaux et associations d’artistes plasticiens) chargé de la promotion des associations et des collectifs d’artistes plasticiens sur le plan national.

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Le 100ECS est un espace culturel expérimental accueillant de nombreux artistes au sein des ses ateliers ou de son espace de formation à l'entrepreneuriat culturel.

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L'association Bout d'essais, installée dans l'espace TCRM-Blida de Metz, s'est fixé comme objectif de soutenir, promouvoir et développer la création artistique grâce à la photographie.

Studio de cinéma et réalisation de décors co-fondés par Sophie Kieffer (scénographe/accessoiriste) et Bastien Simon (réalisateur).
Le studio argonaute propose un univers entre réalité et fiction avec une imagination débordante.

Ils ont accueilli le Papot'pitch

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