Capucine Daguet


Culture tips – Épisode 5, échappées belles

14 juillet, l’été commence, vous partez en vacances, prêts à vous déconnecter de tout pour quelques jours ou semaines. Enfin ce n’est peut être pas le cas de tous nos lecteurs, pour ceux qui doivent encore patienter avant le summer break, voici notre tips post-vacances.

Cinquième épisode de « Culture tips », belles échappées.

Au début de cette série, nous vous avions promis des bons plans dans Paris et sa région, et jusque là nous nous y étions tenu. Cet épisode intitulé Belles échappées, vient pourtant déroger à la règle. Ce n’est pas parce que nous avons déjà épuisé notre stock de sorties culturelles à Paris, loin de là, nous avons plus d’un tour dans notre sac. Mais, comme nous avons entamé le mois de juillet, peut être vous apprécieriez de quitter un peu la ville le temps d’une après midi ou de quelques jours. Attention, alerte bon plan:

Si vous êtes prêts à ouvrir modestement votre portefeuille et que vous rêvez donc d’escapades en dehors de la métropole mais qu’il vous manque un moyen de locomotion ou tout simplement des partenaires de sortie culturelle, voici notre suggestion: covoiture-art.

Covoiture-art

Sur le même principe que du covoiturage basique, cette plateforme met en contact des personnes qui souhaitent visiter des lieux touristiques et culturels partout en France afin qu’elles s’y rendent ensembles. Vous pouvez donc vous évader, vous cultiver et faire de nouvelles rencontres le temps d’une journée ou d’une après-midi, que demander de plus?

Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter de bonnes découvertes aux quatre coins de la France.

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Comme annoncé la semaine dernière, c’est le dernier épisode de Culture tips avant les grandes vacances. On vous retrouve donc à la rentrée, de nouveaux épisodes vous attendent pour commencer l’année dans la culture et la bonne humeur !

-> Vous avez des bons plans culture et vous souhaitez les partager, faites-nous en part sur notre page facebook !


Avant de partir en vacances

L’été arrive, mais les lieux d’exposition d’art contemporain de Paris et sa banlieue (enlevons les oeillères qui nous empêchent de voir plus loin que le bout du 20ème arrondissement) ne prennent pas de vacances pour notre plus grand plaisir.

On vous a donc préparé une petite liste des expos à voir avant/pendant/après la saison estivale.

Avant de partir sous les tropiques

En juin on vous présentait notre sélection de galeries, voici maintenant, pour la première partie de l’été celle des musées, centres d’art et autres parmi la multitude de lieux ouverts. Mettez vos palmes, masque et tuba et plongez avec nous, immersion totale dans l’art contemporain garantie.

 

La Boîte de Pandore, Une autre photographie par Jan Dibbets

Une seule chose à dire: courez-y ! Ça ne vous suffit pas? Très bien, voici quelques informations supplémentaires.

Invité par le MAM Paris à prendre en charge le commissariat de cette exposition, Jan Dibbets nous propose un panel inédit d’œuvres, apportant ainsi un nouveau regard sur la photographie. Pour cela, il remonte à l’apparition du médium. Est donc évoqué le mépris qu’il inspira tout d’abord aux peintres de l’époque, son utilisation initiale -réservé à des fins documentaires et scientifiques- puis rapidement l’exploration des enjeux esthétiques qu’il présentait. Selon une cheminement mi-chronologique mi-subjectif, Dibbets nous montre comment la photographie ne se résume pas à l’image produite, comme il l’a toujours affirmé, “la photographie doit être considérée comme un moyen, jamais simplement comme une fin.”

Vue intérieure de l'exposition La Boite de Pandore

Le +: Cette exposition est adaptée à tous les publics. En plus de faire preuve de pédagogie tout au long du parcours, l’entretien entre Jan Dibbets et Fabrice Hergott, diffusé à la fin, permet de véritablement comprendre la photographie selon l’artiste néerlandais.

-> Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Jusqu’au 17 juillet 2016

 

19000 affiches, Michel François

Initialement sculpteur, Michel François a commencé au début des années 90 à proposer à chacune des ses expositions une affiche. Photographie au format 180×120 qu’il faisait tirer en 500 exemplaires afin que les visiteurs puissent repartir, oeuvre en main offerte par l’artiste. Cette pratique de désacralisation et de démocratisation de la création artistique est rejouée dans l’espace d’exposition du Château de Rentilly. Le FRAC-Île-de-France ayant acquis 39 affiches de l’artiste belges, elles sont en ce moment exposées et des piles de 500 exemplaires de chacune réparties sur les deux niveaux.

Vue intérieure de l'exposition 19000 affiches

Le +: On y va pour les affiches, pour le château à l’architecture miroitante et pour profiter du parc, alors un conseil, n’oublier pas votre pique nique.

-> Le Château de Rentilly. Jusqu’au 24 juillet.

 

Social Food

Manger et vivre ensemble. La nourriture, entre lien social et support de nouvelles communautés virtuelles.

La nourriture est un des éléments moteurs d’une société. Indispensable aux hommes, ils développent tout un pan de leur culture et de leurs traditions autour d’elle. Récemment, notre façon de consommer les aliments a largement évoluée et l’exposition Social Food vient interroger ces nouvelles manières de manger. Entre augmentation du partage social autour de la nourriture, du métissage et de la simplification des façons de cuisiner, et recrudescence du partage virtuel de notre quotidien alimentaire via les réseaux sociaux, les artistes s’amusent et pointent du doigt nos comportements alimentaires. Il y en a pour tous les goûts.

Mindmap du mot "Foodisme"

Le +: L’oeuvre de Gilles Stassart et Kenzo Onoda au premier étage, une véritable expérience proposée au visiteur.

-> Le 116, centre d’art contemporain de Montreuil. Jusqu’au 30 juillet

 

Circulation(s), festival de la jeune photographie européenne

Prolongé jusqu’au 7 août, le festival Circulation(s) est un des rendez-vous inratable de la saison.

Rassemblant les nouveaux talents de la photographie contemporaine en Europe, c’est l’occasion de découvrir autant de façon de faire de la photographie qu’il y a de photographes exposés. Cette année, le festival est placé sous le signe de la diversité et de l’acceptation, des thèmes choisis pour apaiser les tensions mondiales qui éclatent quotidiennement en Europe et ailleurs dans le monde.

Vue intérieure de l'exposition Circulation(s)
-> Le Centquatre. Jusqu’au 7 août

 

Effervescence par Michket Krifa

Connaissez-vous l’Institut des Cultures de l’Islam? Si non, l’exposition Effervescence est une excellente raison de vous y rendre.

En invitant des artistes tunisiens à présenter leurs oeuvres, la commissaire d’exposition Michket Krifa a pour volonté de donner un aperçu de la Tunisie d’aujourd’hui. Ce pays en quête de liberté d’expression a de nombreux talents artistiques à présenter: Nidhal Chamekh, Omar Bey, Yasmine Ben Khelil ou encore Patricia K Triki pour ne citer qu’eux. Dessin, photographie, peinture, sculpture, différents médiums sont exploités. Réparti entre les deux espaces de l’ICI (Goutte d’Or et Léon), l’ensemble génère un message global d’espoir, “tant qu’il le faudra, nous lutterons pour nos droits et libertés”.

Une initiative bienvenue, qui s’inscrit dans la lignée de la première biennale de photographie du monde arabe contemporain, afin de donner plus de visibilité en France à l’art contemporain qui nous vient d’Afrique du Nord.

Trois vues de l'exposition Effervescence
Le +: Faire une pause dans la cour du café de l’ICI Léon.

-> Institut des cultures de l’Islam. Jusqu’au 14 août

Ni une, ni deux, voilà vos agendas culturels comblés jusqu’à début août. En espérant que cette sélection ravisse vos esprits curieux avant un break estival bien mérité. On vous retrouve mi-août pour vous parler des expositions que vous aurez encore le temps de voir avant la rentrée. 


Culture tips – Épisode 4, le Street Art

Quatrième épisode de « Culture tips », le Street art.

À mesure que les épisodes de Culture tips paraissent, votre liste de bons plans s’allonge. Sans vouloir la surcharger, on souhaiterait en ajouter un petit en ce début du mois de juillet, et peut être le meilleur. Dans cet épisode, on vous parle de Street art.

Niveau contrainte il n’y en a tout simplement pas, les œuvres de la rue s’offrent à vous gratuitement, dans de nombreux quartiers de Paris, pour ne pas dire tous et à n’importe quelle heure (noctambules prévoyez une lampe de poche).

Pour ceux qui ne sauraient pas par où commencer, voici une énumération (non exhaustive) des lieux où vous pourrez vous régaler visuellement:

Le Marais (Paris 3e-4e)

Connu pour ses galeries, ses concept store et coffee shops, le quartier du Marais est aussi un terrain de graff apprécié des street artistes. On y va pour flâner dans les magasins et s’émerveiller sur les collages et autres dessins qui recouvrent les murs des immeubles.

Fresque de Street art-Fontaine Stravinsky

 

Le 13ème arrondissement

Moins touristique que le précédent, le 13ème arrondissement est un quartier où les artistes voient grand. On vous conseille vivement d’y faire un tour pour apprécier les fresques qui recouvrent les hauts  immeubles modernes. Et à une échelle inférieure, grimpez sur la butte aux cailles, vous y trouverez de nombreux graffs au pochoir de Mistic, mais ce n’est pas tout..

Fresque de C215 dans le 13ème arrondissement

Montmartre (Paris 18ème)

Vous êtes déjà allés à Montmartre pour voir le Sacré Coeur, la place du Tertre, les vignes? On vous conseille d’y retourner pour apprécier les oeuvres de street art qui parent les façades des rues et des escaliers de la colline la plus connue de Paris.
Street Art-Montmartre

La Villette (Paris 19ème)

Il semblerait que le Nord de Paris aussi soit apprécié des artistes urbains. Profitez de l’été pour vous rendre au Canal de La Villette et découvrir ses environs aux murs colorés.
Street-oeuvre de Kashink rue d'Aubervilliers
http://www.timeout.fr/paris/expositions/street-art

 

Belleville-Ménilmontant (Paris 20ème)

Encore des quartiers entre montées et descentes. Ouvrez les yeux lorsque vous arpentez les rues, mais nul besoin de chercher longtemps, les street artistes ont laissé leurs traces un peu partout, sur les murs et même les vitrines des magasins.
Fresque ru Lemon- Belleville
http://www.timeout.fr/paris/expositions/street-art

 

A présent la ville vous appartient, rien ne peut plus vous arrêter, même pas votre budget, alors foncez et profitez de Paris, il y a tant à voir. Et avec tous ces sous qu’on vous fait économiser, vous nous payeriez bien un petit verre pour nous remercier, non?

La semaine prochaine retrouvez le dernier épisode de “Culture tips” avant un petit break estival, il sera question d’escapades au grand air…


Power Wonder / Artistes Rangers

Á Saint-Ouen se trouvent les friches Wonder, une ancienne usine de piles fermée depuis 1983. Elle reste à l’abandon jusqu’en 2013, quand une poignée de jeunes artistes, dont Alexandre Gains et Nelson Pernisco découvrent le lieu et son potentiel.

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“L’idée c’est toujours de remplir du vide par du mieux.”

 

Les squats sont issus de la contre-culture des années 70-80, nés de la volonté d’occuper et de faire vivre des espaces laissés vacants pour les transformer en terrains de jeux expérimentaux pour esprits créatifs. Á l’origine, ces occupations étaient illégales. Au fil du temps, devant l’intérêt évident d’avoir des lieux de création libre, les squats se sont vus légalisés, voire institutionnalisés par le secteur public comme par le privé (à ce sujet: Que sont devenus les squats ?).

Les squats permettent aussi de répondre à une autre problématique. En effet, les conditions de travail des artistes à Paris sont loin de la vie de bohème qu’on pourrait imaginer : peu d’ateliers disponibles, prix inabordables, nécessité d’avoir un emploi salarié à côté pour subvenir à ses besoins quotidiens et se procurer du matériel. Tout cela laisse peu de temps pour la création.

Le Wonder fait partie de cette nouvelle génération de squats qui tentent d’apporter une réponse efficace et équitable à ces difficultés. Ici, tout le monde a sa chance. Ce n’est pas une question de réseau, mais plutôt d’envie de s’investir pour le collectif.

Pour en savoir un peu plus, nous avons interrogé Nelson Pernisco, président du collectif Wonder.

 

Le mot ”squat” revient souvent associé au Wonder. Pourtant vous avez un statut un peu à part. Peux-tu nous expliquer plus en détails l’accord conclu avec le propriétaire des lieux ?

Avant d’arriver au Wonder nous occupions un bâtiment dans le 19ème arrondissement que nous avions rebaptisé le Point G. C’était un squat et nous y organisions toutes sortes d’événements : expositions, performances, théâtre etc. Quand le Point G a fermé, nous avons demandé au responsable de la marque Habitat de nous prêter un bout du terrain immense qu’il venait de racheter : les anciennes usines des piles Wonder. Il a accepté et on a commencé à occuper le bâtiment. C’était il y a trois ans. On a fait près d’un an de travaux avant de se sentir confortables, même si on n’a jamais vraiment arrêté d’améliorer les espaces.

On fait souvent l’amalgame avec un squat chez Wonder car on a tout retapé de nos petites mains et que l’on a récupéré le bâtiment dans un état pire que certains squats que l’on a pu essayer d’ouvrir. Mais en vrai, on a un accord tacite du propriétaire d’occuper les lieux jusqu’à ce que les travaux de démolition commencent.

 

Est-ce que ce projet est né d’une certaine idéologie du squat ou bien par la simple nécessité de vous trouver un lieu ?

Oui il y a toujours eu l’idée de dé-diaboliser le squat dans ce projet. On veut montrer qu’un lieu autogéré peut aussi fonctionner et que, parfois, l’autogestion s’organise même beaucoup mieux que certaines structures. L’idée c’est toujours de remplir du vide par du mieux. Et ensuite de réellement investir ces espaces. Chez Wonder, chaque centimètre carré est occupé par un artiste, il n’y a pas d’espace laissé au vide.

 

Est-ce que le Wonder correspond à l’image du lieu idéal?

Le Wonder répond à pas mal de critères en termes de petit paradis. Une bonne grosse usine aux murs bien épais, des espaces extérieurs où se mêlent végétation et friches industrielles, le tout proche d’une station de métro. Je ne sais pas si on retrouvera un bâtiment de ce niveau un jour. Mais, pour tout dire, le premier jour où on est arrivés on n’y croyait pas autant. Je pense que c’est d’abord le collectif (qui est béton) qui a su rendre ce lieu idyllique.

 

“On essaye de supprimer tous les intermédiaires, de la création à la diffusion”

 

En plus d’être un lieu de création, le Wonder est également un lieu d’exposition. Un grand entrepôt à l’entrée du site a été retapé pour y accueillir des événements. Ainsi tout est là, du premier au dernier maillon de la chaîne.

Il y a peu prenait place la ”FIAC de CLICLI”, une contre-FIAC bien ficelée. Quelle est votre vision du monde de l’art contemporain actuel et comment essayez-vous de positionner le Wonder par rapport à lui?

On n’a pas de haine particulière par rapport au monde de l’art actuel. Par contre, on essaye de supprimer tous les intermédiaires de la création à la diffusion avec nos artistes pour conserver un maximum de liberté et d’indépendance. Chez Wonder tout le monde est libre de participer à la FIAC ou la contre-FIAC.

 

Quels sont les évènements que vous voudriez organiser d’ici votre départ ? Y a-t-il une ligne directrice entre tous ces événements?

Plein de projets, plein d’envies, plein de choses à venir. La ligne directrice c’est juste de réaliser des choses dans le réel.

Et les gars gardent la tête sur les épaules, au Wonder, tout est question d’équilibre. “On aime partager, on aime s’amuser, mais ce lieu ça reste notre lieu de travail, on n’en fait pas n’importe quoi” rappelle Hugo, un membre du collectif. La FIAC de CLICLI d’ailleurs, laisse le souvenir d’une bonne soirée avec de la grosse musique, un bar, des gens sympas. Même si à minuit, on s’est tous dit au revoir et les portes se sont fermées, c’était vraiment bien.

La ligne directrice, c’est le travail mais toujours en s’éclatant. Tout le monde s’y met, petits frères, potes, même ceux qui sont de passage pour une heure ou deux.

Table de ping-pong, skate-park, balancelle, il y a aussi de quoi se détendre, et parfois labeur et loisir s’entremêlent. Lors de notre venue certains s’affairent à réparer un lanceur de balles de tennis trouvé le jour même dans un des recoins du bâtiment. On soude, on raccorde, premier essai tout explose, deuxième essai le moteur démarre. L’engin va lancer toute sorte de trucs, à commencer par une orange sans doute, puis des balles de peintures. Pour s’amuser ou pour créer ?

 

“On se fie surtout aux rencontres pour découvrir de nouvelles pratiques qui peuvent rassembler des gens”

 

L’esprit du Wonder, c’est beaucoup d’entraide. Au sous sol, plusieurs artistes se consacrent leur pratique au son. Comme ils n’ont pas de studio d’enregistrement, ils n’hésitent pas à mettre en commun leurs espaces personnels de manière à assembler un studio éphémère, dont “chaque atelier serait une cabine différente” nous explique Guillaume, un membre musicien du collectif.

Cette mise en commun des ressources est au centre du mode de vie du collectif. Ensembles, ils ont construit plusieurs infrastructures consacrées à différentes disciplines. Tous les membres du collectif peuvent s’en servir et ainsi s’essayer à de nouvelles pratiques sans avoir à s’équiper lourdement. Ces infrastructures peuvent également être louées à qui en fait la demande, afin d’avoir accès aux outils nécessaires à la réalisation des projets.

Le Wonder s’est peu à peu doté d’infrastructures comme un atelier de sérigraphie, de tatouage, y en a t-il d’autres ? A qui sont-elles destinées ? Que voudriez-vous encore développer si vous en aviez l’occasion ?

Oui, il y a aussi l’atelier bois métal, poumon du bâtiment qui regroupe beaucoup de pratiques.

Bien sûr, on aimerait continuer et on va le faire ! On n’a pas une liste prédéfinie d’objectifs à atteindre en termes de reconversion d’espaces, on a tous des envies, mais on se fie surtout aux rencontres pour découvrir de nouvelles pratiques qui peuvent rassembler des gens.

Ce sont les rencontres qui stimulent en permanence le groupe et nous poussent à revisiter notre lieu encore et encore. Du coup, on a aussi consacrer un atelier pour accueillir des artistes étranger pendant un mois.

 

De manière paradoxale, vous construisez ici des structures durables alors que le Wonder est censé être un espace éphémère. Comment percevez-vous cette deadline et comment son existence intrinsèque joue-t-elle sur l’évolution du lieu ?

L’éphémère est fatiguant mais essentiel. Sans lui, le projet ne serait jamais allé aussi loin. Le fait d’avoir toujours eu le couteau sous la gorge nous a motivés à vivre chaque instant comme les derniers et à pousser le bâtiment au maximum pour le célébrer en permanence.

Rien ne peut gâcher la fête. La fin approche, et alors ? Ce n’est pas grave, il faut avancer, continuer,  travailler dans de bonnes conditions même si ce n’est pas pour longtemps. C’est pour cela qu’à un mois du départ, ils continuent d’optimiser leurs infrastructures.

 

“Et on continuera autre part quand ici il n y a aura plus que des gravats”

 

Pendant des années, les sols de l’usine ont été pourris aux métaux lourds. Aujourd’hui, une désintoxication s’impose. Pourtant, au-delà du lieu, lorsque chaque pierre de l’usine se sera effondrée, lorsque chaque mur sera tombé et que ce qui fut ne sera plus, les acteurs et témoins de l’aventure resteront et avec eux, la volonté de continuer.

Au final, qu’importe la date de l’expulsion, le lieu physique compte moins que tout ce qui s’y est passé et ce qui y a été créé. Comme convenu, ils partiront en temps voulu. La pétition qu’ils font circuler ne demande même pas de leur permettre de prolonger leur occupation. Ce qu’ils veulent c’est trouver une solution pour que l’esprit du Wonder perdure.

Que voudriez-vous ajouter sur le Wonder ?

Je pense que ce sont des lieux importants pour une ville et qu’ils méritent de se perpétuer. Alors on ne va pas lâcher l’affaire et on continuera autre part. Mais le mieux serait encore que tous ceux qui aiment le Wonder commencent à inventer leur propre Wonder car il reste un paquet de friches industrielles vacantes en région parisienne.

Loin d’être la seule structure de ce type, il s’est créé en Ile-de-France tout un réseau assez dynamique grâce à ces jeunes artistes surmotivés et ces friches abandonnées. On trouve par exemple, entre autres, La Petite Maison, Le 59 Rivoli, ou encore l’Amour, pour lequel les juges ont fait preuve d’humour en fixant  leur date d’expulsion au 14 février.

Le Wonder, les squats en général, d’autres en parlent. Voilà quelques articles pour les curieux:

Il nous reste une chose à ajouter. Votez Wonder ! Signez la pétition, suivez-les, participez aux événements et parlez-en autour de vous. Qui sait, ils auront peut être besoin d’un coup de main quand il s’agira de retaper leur prochaine usine, immeuble ou entrepôt.


Culture tips – Épisode 3, les musées et centres d’art

Troisième épisode de « Culture tips », les musées et centres d’art gratuits sous conditions.

C’est l’épisode où on aborde le cas des musées et des centres d’art. Oui, ils sont payants. La plupart du temps. Cette précision est importante puisqu’en effet, pour certains l’entrée est gratuite toute l’année pour les collections permanentes, pour d’autres, la gratuité est proposée les premiers dimanches de chaque mois et d’autres encore seulement pour les moins de 26 ans. Alors si cela ne concerne pas que les institutions tournées vers l’art contemporain, c’est parfois le cas et comme on est sympas, on vous fait un petit récap:

Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

On y va pour ses collections permanentes gratuites tout le temps.
Vue intérieure du Musée d'Art Moderne

http://www.mam.paris.fr/

11 avenue du Président Wilson, Paris 16e

Métro: Alma-Marceau ou Iéna (ligne 9)

RER: Pont de l’Alma (ligne C)

Bus : 32, 42, 72, 80, 82 et 92

Station Vélib’: 2, avenue Marceau

Mardi au dimanche de 10h à 18h (fermeture des caisses à 17h15, fermeture des salles à 17h45)

 

Le Centre Pompidou

C’est gratuit le premier dimanche du mois et pour les -26 ans ressortissants de l’UE les collections permanentes sont gratuites toute l’année.
Vue de la façade du Centre Pompidou

https://www.centrepompidou.fr/

Place George Pompidou, Paris 4e

Métro : Rambuteau (ligne 11), Hôtel de Ville (lignes 1 et 11), Châtelet (lignes 1, 4, 7, 11 et 14)

RER : Châtelet Les Halles (lignes A, B, D)

Bus : 29, 38, 47, 75

Tous les jours, sauf le mardi, de 14h à 18h

 

Le Mac/Val

Gratuit toute l’année pour les étudiants et les moins de 26 ans et pour tous le premier dimanche du mois.
Vue intérieure du MAC-VAL

http://www.macval.fr/francais/

Place de la libération, Vitry sur Seine

M° 7 Villejuif puis bus 180 (dir. Charenton-Ecole) ou bus 172 (vers Créteil-Échat), arrêt MAC VAL. M° 7 ou tramway T3, arrêt Porte de Choisy. Puis bus 183, arrêt MAC VAL. M° 8 Liberté. Puis bus 180 (dir. Villejuif), arrêt MAC VAL.

RER C : gare de Vitry-sur-Seine. Puis bus 180 (dir. Villejuif-Louis Aragon), arrêt MAC VAL./RER D : gare de Maisons-Alfort / Alfortville. Puis bus 172 (dir. Bourg-la-Reine RER), arrêt Henri de Vilmorin.

Du mardi au vendredi de 10h à 18h. Samedi, dimanche et jours fériés de 12h à 19h

 

Les Arts Décoratifs

Collections permanentes et temporaires (sauf Nef) gratuites pour les -26 ans ressortissants de l’UE.
Nef du Musée des Arts Décoratifs

http://www.lesartsdecoratifs.fr/

107 rue de Rivoli, Paris 1er

Métro: Palais Royal-Musée du Louvre (lignes 1 et 7), Tuileries (ligne 1), Pyramides (ligne 7 et 14)

Bus : 21, 27, 39, 48, 68, 72, 81, 95

Mardi au dimanche de 11h à 18h

 

L’Institut du Monde Arabe

Collections permanentes gratuites pour les -26 ans ressortissants de l’UE.
Vue intérieure de l'Institut du Monde Arabe

http://www.imarabe.org/

1 rue des Fossés-Saint-Bernard Paris 5

Métro: Jussieu (ligne 7), Cardinal-Lemoine (ligne 10)

Bus 24, 63, 67, 86, 87, 89

Mardi au vendredi  : 10h00-18h00. Samedi, dimanche et jours fériés : 10h00-19h00

 

Le musée du Jeu de Paume

Mardis jeunes, gratuits pour les étudiants et les moins de 25 ans inclus, le dernier mardi du mois de 11h à 21h.
Vue intérieure du musée du Jeu de Paume

http://www.jeudepaume.org/index.php

1 place de la Concorde Paris 8

Métro: 1, 8, 12 Concorde (lignes 1, 8 et 12)

Bus: 24, 42, 72, 73, 84, 94

Mardi de 11h à 21h, du mercredi au dimanche de 11h à 19h.

 

Le Palais de Tokyo

Gratuit les soirs de vernissage.

Vue intérieure du Palais de Tokyo

http://www.palaisdetokyo.com/fr

13 avenue du Président Wilson Paris 16

Métro: Alma-Marceau ou Iéna (ligne 9)

RER: Pont de l’Alma (ligne C)

Bus : 32, 42, 72, 80, 82 et 92

Station Vélib’: 2, avenue Marceau

Tous les jours, sauf le mardi, 12h00-00h00

Le musée de la Chasse et de la Nature

Un lieu qui nous surprend chaque été avec une exposition contemporaine et où l’entrée est gratuite le premier dimanche du mois.

Vue intérieure musée de la Chasse et de la Nature

62, rue des Archives Paris 3

Métro: Hôtel de Ville (lignes 1 et 11), Rambuteau (ligne 11)

Bus: Lignes 29, 69 et 75

Stations véli’b: 67, Rue des Archives et 76, Rue du Temple

Mardi au dimanche de 11h à 18h (dernier accès 17h30). Nocturnes les mercredis jusqu’à 21h30 (dernier accès 21h)

Pour avoir la liste de tous les musées et monuments gratuits à Paris, cliquez ici.

A bientôt pour le prochain Culture tips. Vous voulez déjà savoir de quoi on vous parlera cette fois? Voici un petit indice: urbain.

PS: Le premier dimanche du mois c’est cette semaine 😉